Le stublog de soo
Humeur  amoureuse
Bretzels  274
Inscription  09.10.2006 - 21h02 (stubiste n°3379)
Dern. connexion  21.11.2008 - 07h55
 Billets • Rubriques
Présentation
soo
"Il faut garder en mémoire nos rêves, avec la rigueur du marin qui garde l'oeil rivé sur les étoiles. Ensuite, il faut consacrer chaque heure de sa vie à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour s'en approcher, car rien n'est pire que la résignation."
Rubriques
Aide
Calendrier
Aide« Juin 2007 »
L M M J V S D
----1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 -
Amis stubistes
AideMallez-racing
Mbouquenom
Mcaptainflirt
Mconan
Mfremen-bleu
Mguigues
Mid
Mjamal
Fjess
Mjiminho
Mkibitz
Flitchi
Mmanwithnoname
Fmembrefldb
Mmickael67e
Mmirabelle
Molives
Mphilou67
Mrachmaninov
Frbk
Mross3
Mskywalker666
Msonikeric
Ftatoun
Mtom67

Mardi 19 juin 2007

Toutes ces vies qu'on abandonne
"C'était la première fois qu'elle voyait un corps aussi fermé. Elle avait peur de le blesser. Chaque mouvement qu'elle lui faisait faire lui demandait un effort important, comme s'il se refusait à la suivre dans les gestes qu'elle proposait.
Le côté droit était libéré de ses frusques racornies et tannées par la crasse. Claire l'attrapa par les genoux et le fit pivoter sur les hanches. Il ressemblait à une momie comme elle en avait vu dans le
Journal de psychologie de Tournier. Elle regarda ses mains, et reprit la paire de ciseaux. Le pantalon tomba à son tour. Les chaussures en dernier, se dit-elle.
L'odeur de ce corps négligé depuis trop longtemps ne l'empêchait pas de prendre soin de lui comme s'il s'agissait d'un nourrisson, avec la même délicatesse. Il lui restait les cheveux et la barbe. Elle choisit le rasoir en meilleur état et commença par soulever les mèches du front. Les poux couraient devant la lame. Contre ces vermines qui pullulaient dans les wagons à soldats, c'était le pétrole ou le rasoir. Il ne restait jamais assez de pétrole pour les cheveux, et puis ils repousseraient... Les mèches tombaient, collées de lentes, sur le papier journal qu'il faudrait brûler plus tard. Il ne resta plus qu'un corps sec, glabre et blanc couché sur le flanc sur la table carrelée. De quoi pouvait bien souffrir cet homme pour se refuser au monde avec tant de force."


Récit à deux voix, le premier roman de Virginie Ollagnier offre le portrait d'un lent retour au monde de deux êtres, un blessé inconnu et une jeune novice travaillant dans un service de psychiatrie. Pas à pas, cet inconnu partage avec le lecteur des souvenirs enfouis, tandis que Claire se découvre elle-même, explorant des chemins qu'elle n'avait encore jamais parcourus. Peu à peu, ces deux êtres qui se "refus[aient] au monde avec tant de force" font face ensemble, liés l'un à l'autre par une sourde parole et une écoute muette.

Tout au long des 280 pages que composent ce roman, nous vivons le quotidien de ces hommes et de ces femmes pour qui la Première Guerre mondiale ne s'est pas arrêtée avec la signature de l'armistice. Près de dix ans après La chambre des officiers de Marc Dugain, Toutes ces vies qu'on abandonne aborde également le thème de ces soldats à jamais meurtris mais d'une manière différente, mettant en exergue les grands débats de l'époque en dépeignant le rôle de la femme dans cette société d'après-guerre et surtout les débuts de la psychiatrie. Sans tomber dans la sensiblerie ou dans le trop-plein d'émotion, Virginie Ollagnier nous offre un premier roman qui ne se refuse pas au monde, mais s'offre à lui avec finesse, justesse et sensibilité.

"Vous vous inscrirez en médecine et vous suivrez mes cours ici, en parallèle. Il est impératif que vous soyez médecin, moi, je ne suis qu'un agrégé de philosophie qui a mal tourné."
19.06.07 à 16h15 | | commentaires (3)

Recherche
Photos
> 53 photos publiques à voir
> Dernière (20/11/08 00:46) :
Paris
Côté foot
Supporter du RC StrasbourgAideClub: RCS
Tribune: Quart de virage Nord-ouest
Fréquence: parfois (abonné)
Groupe: UB90
Côté privé
AideJ'écoute: Dido « Safe trip home »
Je lis: J.-M. G. Le Clézio « Ritournelle de la faim »
J'ai vu: La légende de Zorro
Livre d'or
Flux RSS de ce livre d'or Vous pouvez laisser un commentaire sur le livre d'or de soo !
Site web

69 messages
Le 19.11.08 à 22h37
Par mirabelle :
Même pas fichu de faire des bretzels... alors mes dents, je suis bien certain de les garder :p
Je ne pense pas qu'il parlait de toi en particulier, mais tu auras sauvé la mâchoire de quelqu'un d'autre :p
Le 08.11.08 à 17h00
Par mirabelle :
Ferme et plat... ^^
Toujours, d'autant plus que la balance a rendu son verdict :p
Le 05.11.08 à 12h13
Par tatoun :
Saluuuuuut :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D :D
Toi tu veux me demander quelque chose :p
Le 24.09.08 à 22h53
Par mirabelle :
Finalement je me suis trompé quand je te disais que tu étais injouable :p
Pourquoi est-ce que le fait que tu te sois trompé ne m'étonne pas ? O:)
Le 10.09.08 à 20h07
Par aragon :
J'y peut rien, c'est pas moi qui l'invente, mais on dit:
"Soo comme un cochon"
"Bourrée à finir Soo la table"
"Je bois pour oublier mes Soo, si"
"J'ai bu tout mes Soo au bistrot"
"vive le vin avec le Soocisson"
etc...
(c'est pas avec des messages pareils que je vais voir tes petits deSoo :) )
J'hésite entre te dire que tu es poète... ou que tu as fait des fautes, une préférence peut-être ? O:)
Le 14.08.08 à 17h26
Par tatoun :
et c'lui là :
_ _ _ _ _ _ _ _

:-w !!!!!
Pas de grossièreté ici [-X
Le 28.07.08 à 18h47
Par manwithnoname :
Et toi, prête à te prendre une claque de ma part ? O:)
Même pas peur :p
Le 15.06.08 à 11h11
Par jess :
Sympa les petites balades paisibles soft hein ? :D
C'était beaucoup trop violent :p
Le 01.06.08 à 22h58
Par mirabelle :
Pour ses 30 ans... quand toi tu en auras 43 :p
Lui rappeler son âge, c'est pas très sympa :p
Le 26.05.08 à 23h01
Par conan :
A quand une nouvelle soirée Michel Fourniret?
Demande à mirabelle, c'est lui qui s'en occupe :)
Flux RSS billetsFlux RSS photossoo Signaler un contenu illicite Retour en haut ImprimerImprimer Envoyer à un amiEnvoyer à un ami
racingstub.com n'est pas responsable du contenu publié sur ce stublog.